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Le bio, une mode ! Vraiment ?

«  On mange tellement de choses toxiques que ce n’est pas « bon appétit » que j’ai envie de dire aux gens, mais bonne chance ». Ainsi s’exprime Pierre Rabhi. Le bio, alors est-il la solution ? Le point sur la question.

Faites l’expérience : dites que vous mangez bio et observez les réactions. Parions qu’on vous regardera comme si vous faisiez partie d’une secte, on vous rétorquera que vous suivez une mode, et qu’avec un marché de plus de 22 milliards d’euros par an en Europe (en 2013), le bio est un produit du capitalisme caché derrière le masque de la bonne conscience (si, si, j’ai entendu !). On vous traitera de bobo, de privilégié, d’irrationnel…

On vous dira que l’espérance de vie n’a jamais été aussi longue et que la preuve n’est pas faite de l’utilité du bio sur la santé…
Laissez les dire… Ou plutôt si, répondez simplement que vous avez choisi, non pas de manger bio, mais de manger le plus naturel possible (de manger normal), comme l’ont fait nos ancêtres.
Ceci aura le mérite de faire changer de camp l’image de la normalité : vous mangez naturel pendant que d’autres choisissent d’adhérer au camp des aliments dénaturés.

Les légumes poussés hors sol à l’aide de liquides nutritifs, la viande «chimique » issue d’animaux nourris au soja OGM, élevés dans des conditions irrespectueuses de la vie, les aliments bourrés de pesticides… ne sont pas pour vous. Car, au bout de l’empoisonnement chimique, il y a forcément la maladie.
En mangeant bio, il ne s’agit pas de promouvoir un label mais d’entretenir votre santé (et celle de la planète par la même occasion).

En effet,
• Le bio limite les additifs alimentaires autorisés. Plus 320 additifs sont autorisés en Europe pour la transformation des aliments conventionnels. A contrario la réglementation européenne n’en autorise que quarante-huit dans les produits bio ; dont seulement quatre de synthèse (1).

Vin : contamination en pesticides 5 800 fois plus élevée que pour l’eau potable
En 2008, les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) réalisent une étude sur des vins d’Europe et du monde entier. Quarante bouteilles de vin rouge sont analysées. Elles proviennent de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. Trente-quatre d’entre elles sont issues de l’agriculture intensive, six de l’agriculture biologique.
Pour les vins conventionnels, les résultats laissent apparaître que 100 % d’entre eux sont contaminés.
Chaque échantillon contient en moyenne plus de quatre résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusqu’à dix pesticides. Les niveaux de contamination sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées (LMR) pour le raisin (il n’existe pas de limites maximales autorisées pour le vin, c’est pourquoi on se réfère à celles utilisées pour le raisin).
Dans certains vins testés, on trouve des quantités jusqu’à plus de 800 fois supérieures aux Concentrations maximales admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet.
Les six vins biologiques analysés ne renferment pas, eux, de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé des quantités faibles d’un produit. Présence expliquée par les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines.

20 % des pesticides sont utilisés en viticulture qui concerne 3 % de la surface agricole. ■
Source : Générations futures

 

Ainsi, les additifs utilisés sont en très grande majorité d’origine naturelle, végétale, animale ou minérale. C’est le cas des extraits de plantes, tels l’extrait de romarin (E392), usité comme antioxydant.
L’addition de phosphates (E338 — E341 — E450 — E452) aux produits bio à base de viande est interdite (une trop grande quantité de ces phosphates peut conduire à des maladies des reins et des vaisseaux sanguins).

Des organisations biologiques privées réduisent encore la liste des additifs autorisés. La plus restrictive est celle de Demeter, un mouvement pour l’agriculture biodynamique.
À titre d’exemple, les pratiques et produits suivants sont interdits en Demeter (mais autorisés en agriculture biologique) : homogénéisation du lait, utilisation de carraghénane (E407, agent d’épaississement et de stabilisation extrait d’algues rouges) dans les produits laitiers, acide ascorbique comme antioxydant, sels nitriques dans les produits carnés…

On retiendra de ce dernier paragraphe que certains nitrites sont autorisés en agriculture biologique. C’est le cas du nitrite de sodium et du nitrate de potassium (E250 et le E252).
Même s’ils sont encadrés ; puisque leur quantité résiduelle est limitée à 50 mg par kilo de viande ; ils sont généralement utilisés comme conservateurs pour les viandes et charcuteries2.

Aussi, évitera-t-on les produits transformés, même bio.

En revanche,
• Le bio n’autorise pas l’utilisation de pesticides toxiques sur les fruits et légumes.
• Le bio ne tolère que très peu d’additifs transgéniques (OGM). Ils ne sont autorisés qu’à hauteur de 1 %.  Effectivement, les produits biologiques vendus en Europe peuvent contenir des résidus d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sans étiquetage particulier, conformément à un règlement européen entré en vigueur le 1er janvier 2009. Ce texte, adopté en juin 2007 par les ministres européens de l’Agriculture autorise la présence « fortuite ou techniquement inévitable » d’OGM à hauteur de 0,9 % dans les produits bio.
• Le bio ne permet pas que les denrées soient ionisées (irradiées).
• L’agriculture bio proscrit les farines animales dans l’alimentation des herbivores, interdit les OGM et limite l’utilisation d’antibiotiques en élevage à titre curatif.■


1. Voir les annexes du règlement européen 889/2008.
2. Leur dose indicative d’incorporation, exprimée en NaNO2 et NaNO3, est de 80 mg/kg. Leur quantité maximale résiduelle exprimée en en NaNO2 et NaNO3 est de 50 mg/kg. Annexe 8 du règlement européen 889/2008.