Vin « issu de l’agriculture biologique » ou Vin « bio » ?

Sauriez-vous faire la différence entre un vin bio et un vin issu de l’agriculture biologique ?

Gros enjeu le vin ! Cultivé conventionnellement, il peut contenir des pesticides jusqu’à 800 fois les concentrations maximales admissibles  (CMA) pour l’eau du robinet [1].
OK donc pour le bio. Mais…

Le label AB concerne le raisin, et uniquement le raisin.

Certains raisins sont élevés dans les conditions conformes à l’agriculture biologique. Ils sont dit  « issus de l’agriculture biologique », ou « issus de raisins AB». Et  d’ailleurs, la bouteille porte alors le label AB.
Pour autant, le vin n’est pas bio : il faudrait pour cela qu’il respecte aussi la règlementation bio en matière de vinification.

label-AB

Ce label indique simplement que le raisin est issu de l'agriculture biologique. Quid de la vinification ? 
On ne saurait en conclure que le vin est bio. 
Pour mériter le label « vin bio »

Pour mériter le label « vin bio », la production doit obéir à deux réglementations :

• celle de l’agriculture biologique pour la culture de la vigne.
• mais également celle de la vinification bio. Réglementation en vigueur depuis le 8 février 2012 (au niveau européen)  [2] [3].

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Ce label indique que le vin est bio.
Le raisin est issu de l'agriculture biologique. La vinification respecte le cahier des charges européen.

• Première exigence : l’agriculture biologique. La réglementation des productions dites « biologiques » existe en Europe depuis 1991. Les produits chimiques de synthèse y sont interdits : pesticides, herbicides, fertilisants, engrais, fongicides…
L’usage d’OGM est interdit.

• Seconde exigence : la vinification biologique. Lors de la vinification, les ajouts de produits naturels sont autorisés. C’est le cas des tanins, copeaux de bois, sucres ou levures industrielles.
L’ajout de sulfites est également autorisé mais les valeurs sont limitées.

Les valeurs autorisés de sulfites dans le vin bio

Valeurs maximales : 
100 mg par litre pour le vin rouge 
(contre 150 mg/l pour le vin en agriculture conventionnelle).
150 mg/l pour les vins blancs et rosés
(contre 200 mg/l pour l'agriculture traditionnelle).
Ces limites sont augmentées de 30 mg/l si la teneur en sucre résiduel est supérieure à 2 g/l.

Les produits classiquement utilisés pour l’acidification (acides tartrique et lactique par exemple) sont autorisés, ainsi que les produits pour clarifier le vin (comme l’ovalbumine, la caséine, la bentonite ou la colle de poisson) ou pour décolorer les vins rouges ou les blancs issus de raisins noirs (charbon actif) [voir tableau ci-dessous].

En revanche (et sans entrer dans l’explication technique), un certain nombre de pratiques sont interdites, comme la concentration partielle des vins à froid [4], l’élimination de l’anhydride sulfureux par les procédés physiques, l’électrodialyse pour la stabilisation tartrique, la désalcoolisation partielle des vins, le traitement aux résines échangeuses de cations pour la stabilisation tartrique.

VINS BIO • SUBSTANCES ET PRODUITS AUTORISÉS 
vin-bio
Mieux que le bio : La diodynamie

La  biodynamie pousse la démarche bio plus loin.  Elle est attestée par le logo Demeter.

Les vins en biodynamie 
se retrouvent sous la certification Demeter.

demeter

Les principes de la biodynamie ont été développés par Rudolf Steiner à partir de 1924. Le viticulteur utilise des préparations à base de plantes et travaille en fonction du calendrier lunaire. Il soigne la terre et s’efforce de corriger en amont les déséquilibres qui créent des maladies avant qu’elles n’apparaissent.

La vinification biodynamique interdit par exemple l’utilisation d’acide citrique, tartrique, lactique, le bicarbonate, la colle de poisson, la gélatine, la gomme arabique, les levures et les copeaux de chêne.

Le label Biodyvin une exigence au service du goût
Plus exigeant encore que Demeter : le label Biodyvin prend aussi en compte la qualité gustative du produit.

biodyvin

 

Crée en 1995, ce label désigne les membres du Syndicat international des vignerons en culture biodynamique. Ils sont actuellement 135, mais leur nombre est en croissance, malgré des exigences plus drastiques encore que Demeter.

Biodyvin impose en plus un contrôle annuel par l’organisation Ecocert, ainsi qu’une dégustation d’agréement. Une haute qualité gustative des vins est exigée, ce qui n’est nullement le cas avec les autres labels.

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Ce double label pour un respect des sols, des raisins et du goût.
D’autres labels ?

• Terra Vitis. Moins contraignant que l’agriculture biologique, la démarche Terra Vitis certifie depuis 2002 une agriculture dite raisonnée. Elle s’engage à limiter l’impact de l’activité agricole sur l’environnement en limitant les produits chimiques.
Elle assure une traçabilité des traitements.

label-terravitis

 

Les vins naturels (ou natures) vont plus loin que la biodynamie. Ils n’autorisent aucun ajout autre qu’un maximum de 30  mg/l de sulfites. Il existe une Association des vins naturels (AVN), mais il n’existe aucune réglementation légale pour ces vins. Nous n’avons donc aucune garantie de l’appellation. Dommage !

 


1. Étude réalisée en 2008 par PAN Europe.

2. La réglementation de la viticulture biologique est régie par le règlement européen CE 2092/911.
Seuls les organismes certificateurs agréés par l’État tels l’Écocert ou Qualité France peuvent assurer le contrôle et le respect des cahiers de charges.

3. Vinification en agriculture biologique. Produits et substances spécifiques autorisés. Document Ecocert 11 avril 2013.

4. Pressurage à froid ou cryoextraction : abaissement de la température des raisins en limite de congélation dans une chambre froide pour sélectionner, par pressurage,  les jus les plus riches .

 

Photo de Une : cc PaperUNdipit

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