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Il est déjà trop tard

Comment on entre dans la maladie sans le savoir.

Dans cette nuit sans lune, les étoiles tintinnabulent. Quelques courants d’air froid au passage à l’ubac renvoient des odeurs de lentiste. Nul coureur, nul touriste… Il fait beau ce soir de juin sur la corniche.
Cette balade nocturne, je la vis comme un pacte de sérénité ; pour effacer les stigmates de trois ans de stress pendant lesquels j’ai accompagné mon père, alors qu’il préparait son dernier voyage.
Il fait beau mais la fatigue pèse. Je marche, il faut que je marche pour évacuer une tension nerveuse qui ne me quitte plus depuis plusieurs mois.
J’enfile les kilomètres en cadence. Je veux faire cet effort comme pour décider de la suite à donner à ma vie. Changer de cap, changer de rythme. Vouloir. Pouvoir. Ces mots là soupirent des clins d’œil à ma poésie intérieure.
Je ne sais pas qu’il est trop tard. Je suis déjà malade.